Bonjour,
Nous avons bien reçu votre adresse.
Nous vous répondons en tant que militant et non en tant que futur député d’une Assemblée Nationale qui, quelle que soit la majorité, sera au service des intérêts des puissants de cette société : à savoir les possesseurs de capitaux, les capitalistes.
Nous ne partageons pas votre choix de soutenir une énième mouture de l’Union de la gauche.
Concernant les attaques continues depuis des décennies dans l’Education et sans remonter à Allègre et au « dégraissage du mammouth » du gouvernement Jospin, force est de constater que gouvernements de droite et de gauche se sont relayés dans les attaques, sans jamais revenir en arrière sur les attaques précédentes. Rappelons juste une des dernières en date d’un gouvernement de gauche : le gel du point d’indice sous Hollande, appauvrissant des centaines de milliers de travailleurs de l’Education et d’autres secteurs.
Cela confirme deux choses. Tout d’abord que la pression et le poids des capitalistes s’exercent dans tous les domaines, y compris ceux appelés « services publics ». Cela se fait par leur domination sur toute l’économie et par l’intermédiaire de leur appareil d’État. Car c’est bien pour alimenter les grandes fortunes que l’État a fait les poches des secteurs de l’Education, de la Santé ou d’autres. Les politiciens n’ont été que la façade d’un appareil dirigé par ses hauts fonctionnaires dont les dossiers traversent toutes les majorités. Nous ne pouvons pas compter sur cet Etat, ni pour maintenir l’illusoire « cohésion sociale » dont vous parlez, ni pour défendre nos droits. Cet Etat depuis des années renforce sa police et son arsenal autoritaire, et ce n’est pas pour rien.
Ensuite chaque fois que des reculs prévus dans l’Education ont été évités, cela a été toujours grâce à des mobilisations massives et déterminés des travailleurs de l’Education. Que ce soit sous Raffarin en 2003 sur les retraites dans l’éducation avec le maintien du calcul des 6 derniers mois ou sous Allègre avec l’embauche de milliers d’enseignants. Même pour s’opposer à la fermeture d’une classe, seule la lutte paie.
C’est pour cela que nous ne partageons en aucun cas cette idée qu’un bon gouvernement pourrait changer quelque chose. Pire, cette illusion a toujours été d’un grand écœurement qui entraîne des démobilisations. Pire même puisque les illusions électorales ont été, gouvernement après gouvernement, le carburant du dégoût d’une partie des milieux populaires, qui s’est tournée vers l’abstention et même vers l’extrême droite. Recommencer les mêmes erreurs aura pour conséquence de nouvelles désillusions et le renforcement de l’extrême droite
Dans la période à venir, les illusions électorales ont encore moins de place qu’avant car le capitalisme emmène le monde à la barbarie à tous les niveaux : la crise économique, la crise climatique et maintenant la guerre qui se généralise. Les capitalistes spéculent sur le prix de toutes les matières premières, même sur le blé, affamant des continents entiers. Ils investissent dans l’armement généralisé, boosté par tous les gouvernements de droite, comme de gauche. Les arsenaux enflent, les armées embauchent largement, les généraux de tous les pays jubilent car leur heure a enfin sonné. Face à la férocité du capitalisme et à ses engrenages militaires, un bon gouvernement pourrait-il faire quelque chose ? Face aux capitalistes, qui, malgré toutes les études et alarmes concernant le climat, appliquent leur dicton, « après moi et mon profit, le déluge », un bon gouvernement pourrait-il faire quelque chose ?
Non, un bon gouvernement n’existe pas et une opposition parlementaire, c’est une opposition en carton.
Nous, militants communistes, nous plaçons notre confiance dans une force collective bien plus puissante : celle du monde du travail et ses luttes. En se battant pour défendre ses intérêts (salaire, emploi, contrôle de l’économie), le monde du travail peut non seulement s’opposer aux capitalistes mais apporter des perspectives d’avenir à toute la société. Nous nous présentons à ces élections pour y défendre un programme de luttes qui peut unifier le monde du travail jusqu’à contester le pouvoir de la classe dirigeante et la renverser.
Salutations militantes.
Les candidats de Lutte ouvrière-le camp des travailleurs 59/62